Ce groupe, poursuivi sur plainte du ministère de l'intérieur a été relaxé par la cour d'appel de Rouen, mercredi 14 décembre
«La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une salope, il faut la traiter, mec... » « Faut pas qu'y ait bavure ou dans la ville, ca va péter, du commissaire au stagiaire, tous détestés ! » Scandées par « 113 » ou lancées par « Monsieur R. » (voir extraies ci-dessous), les formules ont ému 152 députés et 49 sénateurs, en majorité membres de l' UMP.
Il y a trois semaines, ils ont saisi le garde des sceaux, stigmatisant dans ces textes (ainsi que dans ceux de cinq autres groupes et chanteurs) une incitation à la haine et à la violence raciale. Quelques jours plus tard, Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, déclarait : « Ce n'est pas parce qu'on est jeune, ce n'est pas parce qu'on fait du rap, ce n'est pas parce qu'on a une origine ou une autre qu'on doit être exonéré du risque de la sanction. Nous n'avons pas à accepter ces propos. »
L'émotion est compréhensible, d'autant, comme le souligne Jean-Claude Perrier, qu'en quelques années le ton s'est radicalisé. Auteur d'une Anthologie du rap français, parue aux Éditions de la Table ronde, il y a cinq ans, il a suivi l'évolution du rap, né dans les années 1970 à l'ombre des ghettos des États-Unis avant de traverser l'Atlantique pour gagner les banlieues françaises.
